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Pressklipp

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Christine Göhlner, le souffle d'un naïf étonnement.


Il ne pourra pas nous être reproché notre manque d'ouverture sur

l'Europe,voire même sur le monde au regard depuis plus de dix ans de

présentations d'artistes venus des cinq continents, ainsi que notre

éclectisme par rapport aux différents modes d'expressions qui furent et

seront présentés ici en cet Espace Mompezat, siège de la Société des Poétes

Français.


Nous avons déjà présenté des grands classiques, des impressionnistes, des

post-impressionnistes,des expressionnistes, des surréalistes, des

visionnaires, des abstraits, des constructivistes,des plasticiens, des

nouveaux réalistes,des calligraphes, des photographes, peintres,

sculpteurs, artisans d'art, etc etc.


Aujourd'hui nous accueillons avec plaisir une artiste peintre dite " naïve

" qui nous arrive directement de Suède, pays des lumières blanches qui ne

sont pas sans nous rappeler la magnifique exposition à Paris des peintres

nordiques: Les lumières du Nord ".


Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que nous présentons des artistes

naïfs, la dernière exposition en date nous la devions à Emmanuelle Pommier,

mais il y a une grande différence entre ces deux artistes,car l'une

présentait des oeuvres de grands formats trés vivement colorées,l'autre par

contre Christine Göhlner, nous propose des oeuvres lilliputiennes que l'on

pourrait attribuer à des maisons de poupées, un peu comme ces petites

boites d'allumettes suédoises, qui ne sont pas sans évoquer le célèbre

roman de Robert Sabatier.


En fait c'est un bain de fraîcheur et d'innocence que nous propose

Christine, comme Candide, elle prolonge à sa maniére la culture de son

jardin d'enfance, et elle a bien raison car il faut rester dans

l'étonnement, dans l'éblouissement, dans l'émotion des choses les plus

simples !


Les vrais artistes naïfs ne trichent pas, ils transposent leurs rêves avec

leurs visions, leurs univers avec plus ou moins de bonheur, mais

inlassablement ils poursuivent leur voie, sans se poser de questions, sans

réel souci de plaire ou de correspondre à une mode. Ils expriment et

poursuivent les jeux de leurs songes. Ni plus, ni moins !

Il vous suffira de penser au Douanier Rousseau, au facteur Cheval, à

Séraphine de Senlis, à Gaston Chaissac , à Bontoix , à Velliot etc

etc.....et même d'une certaine manière à Botéro .

Ils ont tous en commun l'innocence première, l'étonnement spontané, ce

regard simple sur chaque jour qui se lève.


Christine se réfère à cette catégorie, il suffit de se rapprocher un peu de

ses tableaux. Ici je ne vous demanderai pas de prendre du recul, car vous

ne verriez plus grand chose de ces petites oeuvres......

Mais emboîtons le pas de Christine dans son rêve éveillé, suivons son

regard : " Un regard que l'amour a rempli de ciel bleu ." comme aurait pu

lui dire le poète Marc Chesneau .


Découvrons son univers, ses rues silencieuses où règnent les oiseaux, les

fleurettes et les chats, où la vie s'anime du cris des enfants qui jouent à

faire des pâtés de sable ou aux ballons multicolores, où les ouvriers

excersent leurs métiers en sifflotant, le peintre,le menuisier, le

balayeur, qu'il serait sympathique d'aller partager le pic nique aux bords

de fiords avec le gros matou gris.


Vous voyez tout est simple, reposant, rassurant aussi en ces périodes où

l'on cultive l'incertitudes et l'insécurité.

Cependant, je ne quitterai pas Christine et son jardin de l'enfance sans

encore tresser un lien avec le merveilleux et regretté poéte Marc Chesneau

qui a passé une grande partie de sa vie à Stockholm, ou plus précisément à

Uppsala comme journaliste et intervenant dans le cadre de l'Alliance

française, et qui aurait pu écrire au contact des oeuvres de Christine:


Tout au bout de la rue, un grand pan de ciel bleu.

Tout au bout de la rue, on est au ciel un peu.

Tout au bout de la rue, un homme semble attendre.

Tout au bout de la rue, un ange va descendre.

Tout au bout de la rue, est un peu de feuillage.

Tout au bout de la rue, on refait le voyage.


Et c'est bien de ce voyage dont je vous parle pour partager quelques

fragments d'innocence, et pour porter sur les oeuvres de Christine, un

regard inconnu lorsque les yeux fermés s'étonnent !



Michel Bénard.

Lauréat de l'Académie française.

Chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres.

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